Variation continue et lente : énergie « minimale », de type homogène[*] , avec taux de variation minimum. Musicalement, il s'agit de maintenir et de resserrer l'écoute malgré l'absence de contours, le cadrage « vu de loin », le peu de moyens musicaux.

Le modèle en flux continu est peut-être l'image de marque la plus fréquente de la musique électroacoustique, en raison du débit continu caractéristique des instruments de synthèse analogique des années 70, et de l'absence de pulsations que leur construction par modules interconnectés permettait. C'est ce qui l'oppose, perceptivement, aux musiques instrumentales scalaires et/ou pulsées.

Se rappeler Héraclite, pour qui l'éternité est l'instant présent, qui change à chaque instant, et pourtant toujours le même, tel un fleuve.

Le facteur <densité> et le critère <profil de masse>[*] entrent en jeu comme variation perceptive du flux.

Conseil : Commentaires

Le flux relève de la métamorphose : transformation par mutations successives, fondu-enchaînés . Les musiques répétitives, le minimalisme américain sont caractéristiques d'une homogénéité temporelle en flux, avec transformations lentes par approximations successives.

Le flux est donc continu, c'est une trame de durée « non convenable » (Schaeffer), longue. Le défi est de maintenir l'intérêt de l'écoute malgré un degré minimal de variation. Introduire des accidents permet de renouveler l'écoute.

Exemple : Exemples sonores

François Bayle, La main vide I : Bâton de pluie
François Bayle, « L'expérience Acoustique », L'épreuve par le son : transparence du purgatoire : écoute active, pédagogie de l'écoute. Temps présent
François Bayle, Concrescence, 1er mouvement de « La forme du Temps est un cercle »,
Bernard Parmegiani, De Natura Sonorum : géologie sonore. Un récit : Flèche du temps, téléologique
Steve Reich, The Desert Music, 3e mouvement : même isorythmie sur séquences répétitives différentes, construites selon le même schéma
Georgy Ligeti, Continuum pour clavecin
Georgy Ligeti, Coulée pour orgue
Georgy Ligeti, volumina pour orgue
Georgy Ligeti, Lux Æterna pour 16 voix mixtes a capella
Michel Redolfi, The underwater park at sunset
Robert Murray Shäfer, 2e quatuor Waves : Allures. Récit actif
Jean-François Laporte, Mantra : écoute passive. Temps présent
François Bayle, Univers nerveux